L'ÉDITION 2016

 

La 12e édition de l'OEil en Seyne donne la parole à un collectif engagé composé non seulement de photographes mais également de journalistes. Le collectif Argos, dans cette année où la COP 21 a été confiée à la France, s'est intéressé à notre empreinte écologique. Aujourd'hui nous constatons que l'homme a une empreinte écologique désastreuse sur le monde. Le collectif Argos plutôt que de montrer une vision culpabilisatrice a préféré montrer une vision encourageante des initiatives qui fonctionnent à travers le monde. Ils ont choisi neuf destinations aussi bien dans des univers proches de nous comme en France, en Hollande où aux Etats-Unis que dans des réalités plus lointaines comme le Bangladesh, le Bouton ou l'Indonésie par exemple.

Ces neufs problématiques différentes et passionnantes ont eu des conséquences qui ont dépassées l'écologie et les attentes de leurs acteurs. Je vous invite à les découvrir car elles permettent de nous interroger et de nous montrer qu'un monde plus respectueux de l'environnement est possible sans pour autant défaire tout ce que nous avons construit.

Cyril Bruneau
Directeur artistique de L'OEil en Seyne


carte-monde



BANGLADESH : Sous le soleil émancipateur

Le Bangladesh a développé le plus grand programme au monde de panneaux solaires individuels : 3,7 millions ont déjà été installés depuis 2003 sur le toit de maisons situées en zones rurales. À elle seule, l'apparition de la lumière le soir change la vie des familles et surtout des petites filles qui peuvent prendre le temps de faire leurs devoirs. Et repousser l'âge du mariage.

photo d'embarcation

Malgré un territoire à la géographie complexe, sillonné par les multiples bras du Gange et du Brahmapoutre, le Bangladesh affiche une forte densité de population : 150 millions de personnes sont concentrées sur l'équivalent d'un quart de la France métropolitaine. Cette densité assure des marchés suffisants aux associations pour ouvrir des antennes de vente et d'installation de panneaux solaires, même dans les zones isolées. Mais pour acheminer ces panneaux à travers les bras des fleuves, et les chemins boueux ou de sable, les techniciens doivent faire preuve d'imagination. Photographie Laurent Weyl/Argos

 

ETATS-UNIS : Austin, petit grain vert au milieu du Texas

La capitale du Texas a toujours cultivé son côté écolo : pionnière dans l'architecture durable, elle veut porter à 55 % son électricité propre d'ici 2025, ou encore réduire de 90 % ses déchets d'ici 2040. Les Austinites soutiennent et même devancent les efforts de leur ville. Près de 20 000 personnes travaillent dans l'industrie verte ou Clean Tech à Austin.

Femme sur vélo USA

La configuration de Mueller, avec la proximité des commerces et des parcs avec les habitations, facilite l'utilisation d'autres moyens de transport comme le vélo, et de fait, limite l'usage de la voiture.Photographie Guillaume Collanges/Argos

 

INDONESIE : Le palmier à sucre, sauveur des forêts tropicales ?

Tirer profit de la jungle sans passer par la déforestation, restaurer la biodiversité menacée par les monocultures, améliorer les revenus des populations locales, utiliser la géothermie comme source d'énergie… À partir du palmier à sucre, les habitants du nord de l'île Sulawesi mettent en place un ambitieux modèle de développement qui leur permet de vivre plus facilement.

Homme sur un arbre

Le travail des récoltants, qui nécessite une bonne connaissance de la jungle, demande également force et endurance. À 63 ans, Jusuf Wungow est le doyen de la coopérative Masarang. Photographie Guillaume Collanges/Argos

 

CAP VERT : Cap-Vert, de lumière et de vent

Le Cap-Vert veut parvenir à 100 % d'énergie renouvelable d'ici 2020. Parti de seulement 2 % en 2009, le petit archipel africain affiche
aujourd'hui 25 % de production par le vent et le soleil. Dans certains villages isolés, les habitants sont passés de 4 ou 5 heures d'électricité par jour avec le fuel, à 24h/24 en étant « branchés » au soleil. Une petite révolution.

jeune fille et panneaux solaires

Les panneaux solaires forment une sorte de pergola au-dessus de la cour de récréation de l'école, offrant de l'ombre aux jeux des enfants.
Photographie Guillaume Collanges/Argos

 

FRANCE : Biovallée (Drôme), l'écologie en héritage

Dans la vallée de la Drôme, entre les Alpes et la Provence, paysans, artisans, entrepreneurs, citoyens et élus tentent un ambitieux projet écologique : « construire » une vallée dans laquelle la croissance économique respecte l'homme et son environnement.

éolienne France

D'une hauteur de 24 mètres, fabriquée avec des matériaux 100 % locaux, cette éolienne construite par la société coopérative Helioscop fournit en électricité un restaurant bio tout proche. Photographie Éléonore Henry de Frahan/Argos

 

BOUTAN : Les sillons du bonheur

paysan boutan

Sangay Dorji, et son épouse Yuden, ont appris à faire du fumier qui sert de fertilisant naturel pour le sol de leur potager. La nuit, dans son abri, leur vache repose sur un lit de fougères cueillies dans la forêt. Depuis qu'ils cultivent en bio, leur terre est plus tendre et facile à labourer.
Photographie Éléonore Henry de Frahan/Argos

 

HOLLANDE : Eva-Lanxmeer,un modèle d'écoquartier

Réduire son empreinte environnementale tout en ayant une vie sociale plus riche et plus paisible, c'est le projet de l'écoquartier Eva- Lanxmeer, dans la commune de Culemborg, aux Pays-Bas. Ce laboratoire de l'écologie urbaine, exemplaire en matière de gestion de l'eau, de maîtrise de l'énergie, de réflexion architecturale, de transports doux et d'aménagement des espaces naturels, montre qu'une autre ville est possible.

Hollande couple

Pause lecture pour Hanneke et Jandirk, sur la terrasse de leur maison qu'ils occupent depuis 2002. Photographie Éléonore Henry de Frahan/Argos

 

EMIRATS ARABES UNIS : Masdar, une cité laboratoire au pays de l'or noir

Dans les sables d'Abu Dhabi, émirat regorgeant de pétrole, a jailli, en 2008, une ville écologique futuriste, Masdar City. Ce laboratoire urbain à faible empreinte carbone abrite, en son coeur, une université spécialisée dans les technologies de pointe du développement durable. Chaque jour, les étudiants y expérimentent la vie de demain.

EAU Masdar

Dans ce pays où les températures atteignent 50° et où chaque goutte d'eau doit être dessalée, le design passif de cette oasis permet de réduire les coûts énergétiques. l'exposition solaire a été diminuée de 90 % afin de réaliser des économies d'air conditionné. Photographie Laurent Weyl/Argos

 

BURKINA FASO : Les paysans font leur révolution écologique

Alors que leurs terres sont menacées par la désertification, de plus en plus de paysans du Sahel appliquent les techniques simples et accessibles de l'agroécologie. Ces méthodes leur ont permis de reconquérir 300 000 hectares de terres infertiles. Le collectif Argos a réalisé un reportage au Burkina Faso dans la ferme de Madi Sawadogo, un de ces nouveaux convertis aux effets vertueux de l'agriculture écologique.

paysan burkina faso arrosage

Cercle vertueux. Pour irriguer leurs cultures maraîchères, les paysans ont besoin de beaucoup d'eau. Or les arbres sont indispensables pour capter l'eau des pluies et favoriser leur écoulement dans les nappes phréatiques. Photographie Jérômine Derigny/Argos

 

BURKINA FASO : Les paysans font leur révolution écologique

Tendre vers une agriculture entièrement biologique, tel est le souhait, annoncé en 2012, du Bhoutan. Ce royaume de 700 000 habitants est enclavé entre deux géants, la Chine et l'Inde, aux productions agricoles intensives. Le collectif Argos nous emmène à la rencontre de ces paysans, qui représentent 60 % de la population active, engagés dans une transition agricole.

femme champ burkina

Depuis 25 ans, l'ONG Terre Verte encourage la population locale à planter des arbres,qui apportent de l'ombre aux cultures et les protègent du vent brulant. Photographie Jérômine Derigny/Argos

 



LE COLLECTIF ARGOS

Fondé en 2001, le Collectif Argos rassemble sept journalistes, les photographes Guillaume Collanges, Laurent Weyl, Eléonore Henry de Frahan et Jérômine Derigny, et les rédacteurs Aude Raux, Cécile Bontron et Guillaume Jan. Ces auteurs se sont investis dans une démarche documentaire autour des enjeux sociaux et environnementaux du monde d'aujourd'hui. Attentifs à replacer l'humain au coeur de l'espace public, ils ont choisi
une approche qui prend le temps de l'enquête et du travail sur le terrain.
En 2004, le Collectif Argos est parti à la rencontre des populations victimes du dérèglement du climat dans le monde entier. En donnant des visages et des nomsà cette problématique, en racontant les petites histoires qui font la grande, ils ont monté la série documentaire Réfugiés climatiques, donnant lieu à plusieurs expositions en France et en Europe, notamment à Copenhague pour la COP 15, et à l'édition d'un livre, traduit en anglais par les éditions MIT Press.
Après avoir posé le constat que le changement climatique nous impactait directement, les auteurs d'Argos sont repartis enquêter dans le monde, cette fois à la recherche des solutions inventées par les hommes et les femmes pour vivre en meilleure harmonie avec notre planète. www.collectifargos.com


Site de l'exposition : http://footprintargos.com